Tous les habitants de l’Europe savent qu’ils appartiennent au continent européen, mais peu d’entre eux  s’identifient comme des citoyens européens. Ce n’est pas seulement le nationalisme qui en est coupable, mais aussi la peur légitime des gens qui pensent que leurs intérêts de leurs petites régions, par exemple, ne vont pas être écoutés à Bruxelles. En plus, la globalisation a contribué au bouleversement des identités de tout type et à tous les niveaux.

L’identité européenne, fraîche comme expérience, a eu du mal à s’imposer. Surtout parce qu’il s’agit d’un concept vague, difficile à définir. L’identité européenne devrait-elle s’orienter vers le passe (la culture grecque, la tradition judéo-chrétienne) ou bien vers l’avenir (des aspirations communes) ? Nous pourrions dire que cette identité est fondée sur une pluralité de cultures sur les droits de l’homme, mais c’est difficile de trouver la spécificité de la citoyenneté européenne au-delà des représentations comme la liberté et l’égalité des droits et devoirs. Nous ne pouvons pas prétendre que l’identité européenne engloutira les identités nationales, régionales ou locales. Le respect pour les attributions de chacun mène au respect pour l’unicité de l’être humain. Nous le savons, le slogan de l’Union Européenne nous parle de l’unité dans la diversité. Effectivement, nous devons reconnaître l’interdépendance de ces deux termes en ne faisant pas la faute de limiter la notion de diversité à la nationalité, race, age, langue native, etc. Cette diversité commence dans la petite cellule sociale qui est la famille, en continuant son parcours aux échelons plus hauts. À vrai dire, l’importance des collectivités locales est cruciale puisqu’ à ce niveau les liens sociaux s’établissent et se renforcent. 

L’identité européenne pourrait être acquise par l’entremise des échanges actifs entre les diverses nationalités. Étant donné la difficulté de consolider la cohésion sociale dans un contexte de diversité culturelle, il faut organiser des dialogues entre les Européens, pas seulement entre leurs représentants politiques. Des dialogues qui se penchent sur la volonté de se connaître mieux pour pouvoir construire un avenir ensemble. Ce ne sont pas forcement les traités qui stimulent l’esprit européen, mais l’interaction. Le vrai défi c’est de vivre ensemble et renforcer l’image de l’Europe comme terre d’échange, en revalorisant les relations interhumaines. Il faut renoncer aux principes abstraits en faveur d’un vrai dialogue entre les peuples. L’Union a enlevé les frontières physiques, mais il reste beaucoup de frontières spirituelles à traverser.